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Une métropole a besoin d'une ceinture verteOutre sa ceinture verte naturelle, le maraîchage aussi est un atout

Culture, outil du vivre ensemblePourquoi et comment? Des exemples.

Logement social : peut mieux faireLa Métropole veut rattraper son retard sur le logement social

Le fait du jour
Bègles

Les priorités de Clément Rossignol-Puech

Clément Rossignol Puech - RB

Il est le successeur de Noël Mamère à la mairie de Bègles. Physicien de formation, Clément Rossignol-Puech s'est livré au jeu des questions-réponses.

Aqui Bordeaux Métropole - Le 29 juin dernier, Noël Mamère a tenu son dernier conseil municipal dans son fauteuil de maire de Bègles. Vous avez pris sa place à la quasi-unanimité des conseillers municipaux (28 voix sur 31). Quels grands chantiers vous attendent ?

Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles - On est dans la continuité. Il y a un engagement qui a été pris en 2014 vis à vis des béglais. On a un programme, donc on l'applique. La majorité des points sont dans les tuyaux ou déjà réalisés. En 1989, quand Noël Mamère a été élu maire de Bègles, la commune perdait des habitants et des emplois. C'était une ville ouvrière, populaire mais dont les entreprises fermaient. Cette ville avait pourtant des liens sociaux extrêmement forts, d'ailleurs on y tient et on y travaille, il y a une vie de quartier très forte. Noël Mamère a travaillé pour redonner de l'attractivité à la ville, ce pari a été gagné. Il y a eu des sondages qui montraient que Bègles, avec Bruges et Bordeaux, était l'une des trois villes les plus attractives de l'agglomération. On regagne des emplois (Cité Numérique, Parc Newton) et des habitants : on est revenus au niveau de 1968 et on est sur une dynamique très forte en matière d'urbanisme. Dans le cadre de la neuvième modification du plan local d'urbanisme, j'ai écrit au président de la métropole pour lui signaler qu'on allait réguler plus fortement l'urbanisme sur la commune. On a un objectif (celui du Plan Local de l'Habitat) de 320 logements par an mais en faisant faire un bilan, on s'est aperçus qu'on était à plus du double. J'ai bien conscience qu'il faut faire des efforts de densification, notamment autour du tramway, mais du fait de la baisse des dotations de l'État (sept millions d'euros de moins en trois ans et vingt millions d'ici 2020) et de la forte augmentation du nombre d'habitants, il va falloir revenir sur les objectifs métropolitains et donc baisser les droits de construire du PLU. 

La ville bouge, elle se construit autour de zones de projets (Terres-Sud, Euratlantique) et on fait en sorte que l'identité de chaque ancien quartier perdure, d'où l'intérêt de ralentir. Étant donné qu'on a moins de moyens financiers, on va se recentrer vers ce que doit faire une commune : vie associative, éducation, petite enfance, démocratie participative. Par exemple, la semaine prochaine, on inaugure l'espace éducatif maternelle Jean Zay, qui est une école exemplaire d'un point de vue environnemental (l'établissement a reçu la certification Haute Qualité Environnementale). On va remettre en concertation la réforme des rythmes scolaires et la carte scolaire et la sectorisation (cinq classes ont été ouvertes cette année).

ABM - L'agriculture urbaine fait-elle partie de ces priorités ?

CRP - On a un projet de sept hectares de maraîchages de proximité à Terres Sud. On est en discussion avec Domofrance qui va nous le céder à l'euro symbolique d'ici la fin de l'année. On va contractualiser avec la cuisine centrale pour travailler en circuit court, ce sera forcément du maraîchage bio. On est aussi en cours de réflexion à la métropole pour travailler sur l'agriculture de proximité dans l'agglomération. Il n'y a pas de règlement d'intervention de la métropole pour aider à l'installation et au maintien de l'agriculture urbaine, il faut qu'on le mette en place. C'est clairement notre rôle, un conseil de la permanence alimentaire va bientôt être mis en place. 

ABM - En août dernier, le préfet de Gironde a signé un décret pour enlever à l'A631 (1,8 kilomètres entre Bègles et Bordeaux) son statut autoroutier. Qu'est-ce que ça change pour vous ?

CRP - La métropole en est maintenant propriétaire. Dans les années à venir, nous allons mettre en place une étude en lien avec la métropole et Euratlantique pour pouvoir transformer cette autoroute en boulevard urbain. Les deux voies les plus proches de la Garonne seront réservées aux piétons et aux vélos et le reste limité à 50km/h, comme sur les quais et en lien avec le pont Simone Weil. Ce sera évidemment structurant pour Bègles puisque ça permettra de retrouver ce lien avec le fleuve. On y a déjà travaillé au début des années 90 avec la renaturation des berges. Le projet Euratlantique est pour l'instant une page blanche -nous allons rentrer en discussion avec les habitants- mais je souhaite qu'il comporte trois volets. Le premier est en train d'être étudié, c'est celui de la "ville productive" ou comment mixer activité économique, industrielle et artisanale. On ne veut pas forcément faire des zones monofonctionnelles avec d'un côté l'activité économique et de l'autre le logement parce que ça induit beaucoup de déplacements et donc une saturation de la rocade. Il faut réussir à mieux mixer sur l'agglomération, ce qu'on ne fait pas forcément assez bien. Les deux derniers points sont le "rapport à la Garonne" et la nature en faisant remonter le Delta vert (200 hectares, soit 1/5eme de la commune)  le long de la Garonne et le long du tramway pour l'opération 50 000 logements. 

ABM - C'est un projet d'autant plus structurant si l'on prend en compte l'arrivée du futur pont Simone Weil… 

CRP - Ca ne sera pas neutre, en effet. De toute façon, l'agglomération bordelaise manque de ponts si on la compare aux autres, on rattrape donc notre retard si on considère qu'il faut être dans la norme. On va pouvoir boucler les boulevards en transports en commun, je pense que ça va alléger un peu la circulation automobile. Je dis transports en commun, pas tramway. Je pense que ce sera un BHNS, le tramway c'est trop cher, on va sortir peu à peu de cette culture du tout tramway. Ca va aussi permettre d'être mieux reliés à la rive droite. Bègles va être un point central avec Floirac, Bordeaux et Bouliac. D'autant que le Pont de Pierre va sûrement rester interdit aux voitures, une marche arrière ne sera pas possible. Et ce sera très bien comme ça. 

ABM - Un récent article paru dans le journal Sud Ouest se préoccupait du fait qu'un tiers des squats de l'agglomération bordelaise est situé à Bègles...

CRP - Il y a des squats de roms, de bulgares ou d'albanais mais aussi de saisonniers parce que les châteaux ne les logent plus. Il y a aussi des gens qui s'installent dans des logements vacants. L'agglomération doit s'emparer du sujet. Une grande partie des bâtiments squattés appartiennent soit à Bordeaux Métropole, soit à l'EPA... il faut donc que la puissance publique gère mieux son patrimoine. Bègles va prendre sa part, je suis favorable à ce qu'on régularise un certain nombre de squats mais pas un tiers, c'est beaucoup trop. Il faut que ce soit une démarche métropolitaine et pas gérée par chaque commune. 

ABM - Selon les derniers chiffres de l'Observatoire Airbnb, le stock d'offres a augmenté de 62,5% entre mars et septembre 2017 à Bordeaux. Face à cet essor, la ville a commencé à mettre en place de nouvelles régulations. La ville de Bègles est-elle concernée par ce phénomène ?

CRP - Ça nous concerne un peu, même si ça n'est pas aussi prégnant que sur Bordeaux centre où on sent qu'il y a une pénurie de logements parce qu'airbnb ou des systèmes similaires qui ont pris le dessus. On n'en est pas là. La taxe sur les logements vacants n'est pas de compétence communale mais métropolitaine. Je pense que je vais décliner le dispositif mis en place à l'échelle de l'agglomération sur la ville pour réguler ce phénomène aussi sur Bègles. Il ne faut pas que ça devienne un business au détriment de la location régulière ou pour les étudiants. En tant qu'universitaire, j'ai reçu un mail du président de l'université qui alertait sur une pénurie de logements pour les étudiants, en particulier pour Erasmus et les dom. Ils ne savent plus comment faire. J'ai sollicité certains bailleurs sur Bègles pour voir s'ils ne pouvaient pas trouver des solutions temporaires. 

ABM - Le 30 septembre dernier, Alain Juppé a relancé en conseil de métropole les questions du grand contournement de la rocade de Bordeaux et du développement du fret ferroviaire pour diminuer son affluence. En tant qu'ancien vice-président de la Communauté urbaine délégué aux "mobilités alternatives", êtes vous favorable à ces idées ?

CRP - L'idée d'un grand contournement partiel à 75% par barreaux va prendre des dizaines d'années, coûter des centaines de millions d'euros et provoquer une dégradation énorme sur l'environnement à travers les vignobles. C'est un peu une politique de Shadoks : pour limiter les camions, on va favoriser leurs déplacements… ? Je pense qu'on se trompe de sujet. Si vraiment on doit faire des aménagements pour limiter les dix pour cent de camions sur la rocade, il faut développer le ferroutage. Ce qu'on peut faire à moyen terme, c'est aussi interdire le frêt de transit aux heures de pointes. La motion pour financer la mise à deux fois trois voies de la rocade avait été votée presque à l'unanimité par la Cub en 2013, alors que ce n'était pas dans ses compétences. La troisième voie devait être pour le covoiturage et cette question de l'interdiction des poids lourds aux heures de pointe y figurait déjà. Pour compenser, il faudrait créer des parkings de stockage en entrée d'agglomération, mais pour ne pas externaliser la problématique de "sans compensation" des poids lourds, il faudrait contractualiser avec les territoires environnants. 

ABM - Pendant ce même mandat, vous avez aussi planché sur la question de l'autopartage et du covoiturage. Malgré la multiplication des sites dédiés à cette pratique et quelques exceptions politiques (comme à Mérignac, par exemple), la pratique ne semble pas décoller. À qui la faute ?

CRP - Pour l'instant, ça n'est pas rentré tout à fait dans les moeurs. On pourrait mieux l'organiser avec les plans de déplacement d'entreprise et d'administration. Ça devrait être obligatoire, parce que c'est un moyen de sensibilisation importante. Le tramway et le vélo ont commencé à fonctionner quand on a décidé de leur accorder une place dans l'espace public. Ce sera pareil pour le co-voiturage : quand on mettra des voies réservées aux co-voiturages et qu'on interdira le passage à ceux qui sont tout seuls dans leur voiture, ça marchera. Il faudrait la carotte et le bâton. Le problème, c'est que pour l'instant, les acteurs qui urbanisent ça ne sont pas très chaud. On voit sortir des rapports très compliqués qui disent que c'est très coûteux, mais c'est parce qu'il n'y a pas une vraie volonté. Pareil en termes de politiques publiques : la métropole axe beaucoup sur les transports en communs et le vélo mais sur le co-voiturage et l'auto-partage, beaucoup moins. Quand BlueCub est arrivé en proposant des voitures en libre-service, les décideurs ont cru que ça suffisait; mais en réalité c'est une toute petite part de ce qu'il faut développer. Je n'ai pas réussi à faire un plan de co-voiturage comme c'est le cas pour le vélo, j'espère que d'autres y arriveront et pourront mettre des aires partout, contractualiser avec les parkings de supermarchés, rendre certaines portions de voies réservées… Ça demande de l'argent et de la volonté politique, mais avec ça les gens s'y mettront. 

ABM - En mai dernier, le gouvernement a signé un décret autorisant l'extension de l'Établissement public foncier d'État de Poitou-Charentes en y intégrant la Gironde. En 2013, les clivages politiques entre Vincent Feltesse, favorable à la création d'un EPF à l'échelle de l'agglomération bordelaise et Alain Juppé qui y était opposé (pour des raisons diverses) avaient eu raison d'un EPF local. Selon vous, en quoi ce décret constitue-t-il une avancée ?

CRP - Le fait que ce soit un EPF national, et pas local, c'est très bien. Ca fait très longtemps qu'on pousse pour sa mise en application. On a pris vingt ans de retard, on en paye un peu les conséquences parce que le foncier est de plus en plus cher. De manière générale, il y a un mouvement européen de concentration des habitants sur les côtes. En France, on vient aussi se concentrer dans les métropoles, ce qui désertifie les départements ruraux. Ce n'est pas un aménagement du territoire harmonieux : dans les années à venir, ça va être compliqué de gérer des grands déserts d'un côté et des zones surpeuplées de l'autre. Mais visiblement c'est ce qu'il faut faire dans la compétition des métropoles… Alain Juppé, lors du dernier conseil de métropole, s'est même demandé si pousser vers la "métropole millionaire" était une bonne idée ! Par rapport aux 850 000 habitants qu'elle compte actuellement, passer à un million ne va pas non plus tout bouleverser. Par contre, il faut réfléchir à développer aussi l'environnement au niveau de la métropole, pas simplement avec les agglomérations dynamiques autour mais avec l'ensemble du territoire pour ne pas concentrer tous les emplois et une grande partie des logements. Cela dit, actuellement, il y a plus d'habitants en Gironde qui arrivent hors métropole qu'à l'intérieur, on vit encore l'étalement urbain. Mais l'emploi est dans l'agglo, d'où la saturation…

ABM - Récemment, Alain Juppé a annoncé la création d'un nouveau "plan propreté" métropolitain de 6,2 millions d'euros. Ce dernier, en plus de mesures concernant l'ensemble des communes de la métropole, compte faire appel au privé pour le centre-ville de Bordeaux…

CRP - Il y a eu un sondage sur la satisfaction des habitants. En moyenne, la centaine de béglais interrogés sont satisfaits, mais c'est une moyenne. Il y a quand même des dysfonctionnements et on sait où ils sont : il s'agit des dépôts sauvages autour des conteneurs enterrés et des bornes à verre, comme dans le reste de la métropole. Il va donc y avoir un renforcement des moyens concernant la propreté, notamment autour de la sensibilisation et de la verbalisation, ce qui est très bien pour la commune. Concernant la privatisation, je suis intervenu pour dire que je souhaitais que cela reste une expérimentation. J'attends de voir, je n'étais pas favorable à cette solution là. J'aurais préféré renforcer les équipes sur place et discuter avec eux de l'organisation du travail. Aucune agglomération n'a encore réussi à réformer le "fini-parti" alors que ça a plein de conséquences : pour les agents, c'est intéressant parce que certaines tournées sont courtes mais on voit bien qu'ils ne respectent pas les normes. À mon avis, c'est une des clefs du problème. 

ABM - Il y a quelques jours, la métropole est devenue propriétaire du Musée de la création franche. C'est la première fois qu'un des équipements d'intérêt métropolitain (sur les sept définis en 2016) passe de manière officielle sous sa tutelle. Pour le musée, ça change quoi ?

CRP - Ça va nous permettre de mieux le faire connaître, d'être dans un réseau plus important et de mieux aménager les lieux grâce à l'ingénierie et les moyens financiers de la métropole. La métropole s'occupe des murs et la commune gère l'aspect culturel même si on va essayer de travailler en résonance, comme lors d'une dernière exposition qui avait été faite dans le cadre d'Agora. En gros, si on doit, par exemple, faire une révision globale de la toiture ou améliorer l'accessibilité, la métropole peut prendre en charge 80% des coûts. C'est un endroit un peu atypique, il y a des choses à faire pour le mettre en valeur et mieux conserver les collections, l'intégrer aux parcours culturels de l'Office du Tourisme. À terme, je pense qu'un grand nombre de musées bordelais vont être métropolisés, ce qui va permettre de travailler en réseau.  

Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles from Aquipresse on Vimeo.

Romain Béteille et Joël Aubert
Crédit Photo : RB

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