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Agriculture | Face aux difficultés économiques, le groupe Euralis supprime 110 postes nets

Christian Pèes Président du groupe coopératif Euralis et son directeur général Pierre Couderc

Bien que le groupe coopératif Euralis annonçait fin décembre, renouer avec une timide rentabilité, les pertes nettes cumulées sur ces 5 dernières années ne resteront pas sans conséquence. La coopérative basée à Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques prévoit en effet des « transformations en profondeur » de son pôle Alimentaire. Concrètement, 5 sites concernant notamment les marques Rougié (destinée à la restauration) et Montfort (grande distribution) sont fortement impactés par cette restructuration dont deux en Nouvelle-Aquitaine : le site industriel de Brive dont la fermeture est annoncée et l'usine Rougié de Sarlat qui se verrait « redimensionnée » à la baisse. Au total, sur l'ensemble des sites 110 postes nets seraient supprimés d'ici fin 2019.

Le pôle alimentaire d'Euralis "a enregistré des pertes nettes cumulées de 63 millions d'euros ces cinq dernières années et supporte une dette de 186 millions d'euros qui devient un frein à l'investissement et au développement de ses marques", annonce le communiqué du groupe en date du 9 janvier. Par ailleurs, le groupe se dit confronté "à une forte réduction des besoins en équipements industriels depuis 2013, activité de surcroît fortement touchée par deux épisodes de grippe aviaire en 2015 et 2016", entraînant « un taux de sous-activité chronique, autour de 50% en moyenne"... C'est pour résoudre ces « difficultés économiques persistantes », que le directeur du Groupe, Pierre Couderc explique que « les activités et l'organisation du Pôle Alimentaire doivent être transformées en profondeur pour surmonter efficacement les difficultés internes et externes qui le menacent ». Une transformation qui entraînera la fermeture d'ici fin 2019, de deux de ses sites industriels, l'un situé à Dunkerque (Nord), l'autre en Corrèze à Brive. Ce dernier, spécialisé dans le confit de canard et les plats cuisinés, emploie une soixantaine de salariés. Dans les deux cas, une recherche de repreneurs serait initiée.

313 postes supprimés
Autre conséquence de cette « reconfiguration », « le site de Sarlat (Dordogne) serait redimensionné et repositionné sur des petites séries à haute valeur ajoutée, tandis que les usines d'Yffiniac (Côtes d'Armor) et de Maubourguet (Hautes-Pyrénées) se développeraient avec l'intégration de nouvelles activités ».
Un projet qui se traduirait au total par la suppression 313 postes, la création de 157 autres et l'ouverture au reclassement interne au groupe de 44 supplémentaires, précise Euralis. Concernant plus précisément le site de Sarlat, dédié à la production de foie gras et propriété du groupe Euralis depuis 40 ans sous la marque Rougié, ce sont 95 postes qui pourraient être ainsi supprimés sur les 150 que compte l’usine.
Selon le directeur du Groupe, ce plan s'accompagnera également d'un plan d'investissements de 45 millions d'euros sur trois ans, avec un "recentrage des activités du pôle sur les marchés rentables". L'information et la consultation des représentants du personnel débutera le 19 janvier prochain.

Pour mémoire, sur l'exercice 2016-2017, achevé au 31 août, Euralis enregistre un recul de 2% de son chiffre d'affaires, à 1,42 md d'euros, mais un retour au bénéfice, avec 1,7 million d'euros contre une perte de 6 millions sur l'exercice précédent.

Solène Méric
Solène Méric

Crédit Photo : Aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 10/01/2018