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Economie | Recrutements : la Nouvelle Aquitaine retrouve la forme

Observatoire Pôle Emploi

L'enquête annuelle publiée par Pôle Emploi sur les intentions d'embauche au niveau national (réalisée entre octobre et décembre 2017) le montre : le moral des entreprises semble reprendre du poil de la bête, avec 2,3 millions de projets de recrutement en 2018 au niveau national, soit un chiffre en progression de 18,7% par rapport à 2017. Cette étude annuelle a également réalisée au niveau local et les résultats régionaux rendus publics ce mercredi 11 avril confirment les tendances hexagonales. Résumé de ces données en quatre étapes clefs.

Tous les secteurs concernés

La reprise économique française bénéficie visiblement aussi à la région Nouvelle Aquitaine. Pour l'année 2018, la nouvelle enquête Besoins en main d'oeuvre réalisée par Pôle Emploi souligne 225 000 intentions d'embauche dans la région, soit une hausse de 17,3% par rapport à 2017, ce qui représente 33 000 projets de recrutement supplémentaires. Même si cette hausse est moins importante dans la région qu'au niveau national, la part des établissements qui envisagent de recruter est légèrement supérieure en Nouvelle Aquitaine (26,2% contre 25,9%). La particularité du territoire en termes de recrutement, c'est qu'il reste marqué, principalement au niveau du littoral, par la saisonnalité des offres : 20% des projets de recrutement concernent ainsi l'industrie agro-alimentaire et l'agriculture, soit dix points de plus qu'au niveau national. La proportion des projets saisonniers (45,7% soit 102 896) y est plus importante qu'au niveau national (34,6%), avec évidemment un tropisme du côté des métiers du vin ou de l'agriculture (32 000 intentions d'embauche), ce qui en fait les deux types de métiers les plus recherchés. Parmi le top 15 des métiers rassemblant le plus d'intentions d'embauche, onze sont ainsi à caractère saisonnier.

Le saisonnier en recul

 

Pour autant, si 26,2% des établissements interrogés envisagent bien de recruter (+3,1 points par rapport à 2017, ils étaient 18,2% en 2013), la part des recrutements non-saisonniers creuse sérieusement l'écart : cette dernière augmente ainsi de 28,3%, soit beaucoup moins que les intentions d'embauche saisonnières (+6,5%). L'agriculture (en comptant l'agro-alimentaire), même si elle a connu l'évolution la moins dynamique (+1,1 point), reste la grande championne régionale en termes de volumes de recrutement (32,5%) mais la progression est sensiblement plus effective dans les domaines de la construction et de l'industrie manufacturière (+6,2 points et +5,1 points). Ce climat plutôt positif profite surtout aux établissements de plus de 200 salariés (à 87,3%), ce qui fait dire à l'enquête de Pôle Emploi, à juste titre, que "la propension a recruter augmente avec la taille". Cela étant, la hausse concerne toutes les tailles d'entreprises, bien qu'à des degrés divers : +7,2 points pour les établissements de 100 à 199 salariés mais aussi +7,9 points pour les structures de 10 à 19 salariés. 23 bassins d'emploi ont une part de projet saisonniers supérieure à 50%.

Secteurs et territoires

Les disparités entre les territoires sont toujours aussi marquées  : la façade atlantique reste celui ou la part des établissements recruteurs est la plus élevée (34,8% à Royan, par exemple ou 34,1% à Pauillac par exemple). Le centre et l'est (à l'exception de Périgueux et du Nord-est de la Dordogne), restent les moins concernés par cette évolution à la hausse, de par leur évident caractère plus rural. Mais la hausse en question concerne "la quasi totalité" des 44 bassins d'emploi de la région, à l'exception de certains territoires donnés comme Saint-Jean D'Angély ou Villeneuve-sur-Lot qui, selon l'étude, "affichent une très légère diminution". Le champion régional du recrutement n'est pas la Gironde (même si le bassin d'emploi de Bordeaux représente 17% des intentions d'embauche) mais la Charente Maritime (28,9%), suivie par les Landes (27,6%) et le Lot-et-Garonne (27,3%). Quant à la typologie des emplois (en dehors de la saisonnalité évoquée plus haut), 126 500 projets concernent les services, soit 56% de l'ensemble des projets de recrutement régionaux (+16% sur un an). Les postes dans les domaines "transport et entreposage" et "administration publique/enseignement sont en forte croissance, quand "information/communication" et "assurance/banque" enregistrent une diminution. Le commerce, lui, concentre 27 500 projets (contre 24 000 en 2017). On peut noter que dans le secteur de la vente, du tourisme et des services (qui représente 38% des projets de recrutement), les métiers les plus recherchés, à titre d'exemple, sont ceux d'agent d'entretien et de serveurs (cafés ou restaurants); il s'agit là de la famille de métier la plus recherchée en Nouvelle Aquitaine. 

Des recrutements difficiles

Le point noir de cette enquête annuelle reste au niveau des difficultés à recruter, les intentions d'embauche ne conduisant pas nécessairement à des emplois réels. Ainsi, 49% des projets sont jugés comme étant "difficiles à pourvoir" par les employeurs, un indicateur en nette augmentation (37% en 2017, 33% en 2016 mais 42% en 2012). Ainsi, on constate que les secteurs ou le recrutement rencontre de sérieuses difficultés sont aussi ceux ayant (logiquement) le plus de perspectives d'embauche : 71% (soit onze points de plus qu'en 2017) dans la construction, 52% dans l'industrie manufacturière, 50% dans les services. Les principales raisons de ces difficultés sont, elles aussi, précisées : principalement à cause d'une pénurie de candidats (en raison, souvent, d'un "profil inadéquat"), de la nature du poste (conditions de travail, image, salaire) ou des difficultés d'accès au travail en question. Enfin, 32% des difficultés sont liées au "caractère urgent du recrutement". Pourtant, 27 bassins d'emploi ont une part de projets jugée "difficile" inférieure à 50% au sein de la région Nouvelle Aquitaine, et cette part varie très fortement d'un territoire à l'autre (Bergerac a ainsi moins de mal que Bordeaux, Brive ou Thouars). Ce sentiment de difficulté semble, comme l'attestent les propos récents d'Agnès Passault, en nette progression. Le plan d'investissement national sur la formation, décliné en région, aura peut-être pour objectif de marquer l'arrêt, d'autant que les intentions d'embauche sous forme de CDI (30%, +2 points) ne manquent apparemment pas. 

L'info en plus : Retrouvez l'intégralité de l'étude et tous les chiffres pour la région sur www.observatoire-emploi-nouvelle-aquitaine.fr

Romain Béteille
Romain Béteille

Crédit Photo : aqui.fr

Publié sur aqui.fr le 11/04/2018