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Economie | Mois de l'ESS : « 400 grammes de bonheur » à savourer sans modération

A l'âge de 27 ans, Amandine Laborie vient de créer sa micro-entreprise, « 400g de bonheur » à Bordeaux

A l'âge de 27 ans, Amandine Laborie vient de créer sa micro-entreprise, « 400g de bonheur ». Une entreprise de traiteur 0 déchets s'inscrivant pleinement dans le cadre de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) et proposant des menus végétariens, bios et faits maison avec des produits frais et de saison, livrés à vélo autour du quartier de la Victoire à Bordeaux, le tout pour un prix modique. Un projet résolument engagé dans la défense de l'environnement, le respect d'une cuisine de qualité et abordable, faisant appel à des producteurs locaux et qu'elle a pu réaliser grâce à l'aide de l'ADIE. Rencontre avec une jeune entrepreneuse qui aime partager des recettes autant que des idées.

Allure juvénile et look sportif, c'est en vélo (celui dont elle se sert pour ses livraisons), qu'Amandine Laborie arrive au rendez-vous que nous nous sommes fixé. Jeune (elle a 27 ans mais en fait nettement moins) et heureuse créatrice de « 400g de bonheur », une micro-entreprise qui depuis le mois d'avril, propose de savoureux repas végétariens dans un rayon de 6-7 kms autour de la Victoire, elle respire la joie de vivre et la bonne humeur. Une activité qu'elle exerce à plein temps et à laquelle rien ne semblait (pourtant) prédestiner cette sportive de haut niveau. Le déclic ? Un voyage aux États-Unis et le constat que « là-bas, quand tu es en dehors de chez toi, c'est difficile de manger sainement sans trop dépenser », précise-t-elle, évoquant sans nostalgie aucune, des assiettes trop grasses, fabriquées industriellement et souvent servies dans des proportions pantagruéliques ; comme si la quantité pouvait rattraper l'absence de qualité de ce qu'en France, certains nomment à plus ou moins juste titre, la mal-bouffe. Choc des cultures ou refus viscéral d'ingurgiter cette tambouille ? Qu'importe. L'idée de proposer des petits plats faits maison avec des produits frais et à un prix abordable commence doucement à faire son chemin dans l'esprit de cette Bordelaise alors partie faire ses études de commerce à Paris.

 400g

Un projet engagé
De retour dans la capitale girondine avec deux Masters en poche (le premier en marketing du sport et le second en Management de la Responsabilité Sociale des Entreprises), sa vie semble alors toute tracée, le monde de l'entreprise lui tendant les bras. Et il s'en faut de peu. Si ce n'est la rencontre, durant sa formation, avec un intervenant venu faire un speech sur l’Économie Sociale et Solidaire. Une simple parenthèse mais qui va changer la donne. « J'ai compris que je pouvais créer un business tout en ayant un impact positif sur le plan social et sur l'environnement ». Un élément essentiel pour la jeune femme qui a d'autres aspirations et cherche à bâtir un projet autour des valeurs qui sont les siennes. Six semaines passées début 2018 au sein de Créajeunes, une formation organisée par l'ADIE, lui permettent d'obtenir les infos nécessaires pour enfin se lancer. « Ils offrent des conseils techniques, juridiques, un accompagnement dans les démarches et ont un énorme réseau d'entraide. Ça m'a permis de reprendre confiance », confie la jeune entrepreneuse, aujourd'hui fière d'avoir relevé le challenge. Créée au printemps dernier, « 400g de bonheur » ( le poids minimum d'un de ses menus) propose des repas « 100% bios, avec des produits frais, locaux et de saison », entrée, plat dessert pour 8€, directement livrés à vélo au domicile de ses clients. Des petits plats confectionnés avec des produits de qualité, proposés à un prix modique pour être accessibles au plus grand nombre et réalisés dans le respect de l'environnement.
Plus qu'un concept, une véritable philosophie de vie qu'elle souhaite faire partager. « J'ai souhaité montrer qu'on pouvait s'alimenter sainement et agréablement pour pas trop cher et surtout sans produire de déchets », explique la jeune femme pour qui la défense de l'environnement est une priorité. Ses épluchures de légumes servant de compost et ses repas étant présentés dans des bocaux qu'elle récupère par la suite. « C'est un projet engagé qui se veut le plus responsable possible. J'ai la chance d'être libre et de pouvoir faire ce que je veux et c'est la moindre des choses de pouvoir, en retour, contribuer à ce monde positivement quand d'autres ressentent les effets du dérèglement climatique de façon beaucoup plus drastique. Et la cuisine est un merveilleux moyen d'échanger, de partager des idées », précise la jeune femme qui, dans le cadre de « 400g de bonheur », organise et participe aussi à de nombreux ateliers (cuisine, lombricompostage, maison au naturel) et événements en ce sens.

A noter que dans le cadre du mois de l'ESS, l'ADIE participe à un certain nombre de manifestations en Nouvelle-Aquitaine.

Tout le programme sur : https://www.adie.org/actualites/novembre-2018-le-mois-de-less-et-la-semaine-de-la-finance-solidaire

Emmanuelle Diaz
Emmanuelle Diaz

Crédit Photo : Timothée Buisson

Publié sur aqui.fr le 07/11/2018