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Culture | Un site exceptionnel de la fin du paléolithique découvert à Angoulême

Les fouillles préventives sur l'îlot Reanudin à Angoulême sont prolongées jusqu'au 23 novembre

Débutées en avril, les fouilles préventives de l'îlot Renaudin dans le quartier de la gare à Angoulême, menées par une équipe d'archéologues de l'Inrap sont entrées dans une phase de " découverte exceptionnelle". Elles sont prolongées jusqu'au 23 novembre avec un budget alloué d'1,7 million euros. Elles ont révélé trois occupations préhistoriques : une première attribuable à l'Azilien récent ( -11500 avant J-C), une seconde correspondant au Laborien (-9900 avant J-C) et enfin des indices d'occupations mésolithiques (-8900). Le site est remarquable avec 200 000 pièces mis au jour.

 Quelque 200.000 pièces dont plus de 400 armatures à jet, à la typologie variée, ont été présentées mercredi par l'équipe de dix archéologues de l'inrap qui oeuvre sur les fouilles préventives  de l'îlot Renaudin à Angoulême. Débutées en avril, ces fouilles ont été prescrites dans le cadre d'un ambitieux projet de réaménagement du quartier de la gare porté par la communauté d'agglomération. En sept mois, elles ont dévoilé un site qualifié d'exceptionnel  car témoin du changement climatique du paléolithique final au mésolithique. La géologie et la morphologie du site, couvrant trois périodes de transition (azilien récent en 11.500 avant notre ère, laborien en 9.900 et mésolithique en 8.900) sont qualifiées par les scientifiques sur place d'exceptionnelles. 

Jusqu'au 23 novembre

Depuis le 9 avril jusqu'au 23 novembre, ces fouilles préventives sont réalisées sur une superficie de 2.000 m2 - soit 6.000 m3 de terre enlevées et 1.600 tamisées - avant la construction d'un centre d'affaires près de la gare d'Angoulême. Ce site renferme, au sein d’un paléo-chenal bordé de tufs, trois occupations préhistoriques : une première attribuable à l’Azilien récent (11500 avant notre ère), une seconde correspondant au Laborien (9900 avant notre ère), enfin des indices d’occupations mésolithiques (8900 avant notre ère). Ces implantations préhistoriques sont les témoins de la transition entre la fin du Paléolithique supérieur et le Mésolithique, entre un climat froid et un climat tempéré. Le gisement, implanté en fond de vallée, est dans un état de conservation remarquable malgré des phénomènes érosifs. La position du site a favorisé  la fossilisation des vestiges préhistoriques sous une épaisse couche de tufs. Ainsi, les deux niveaux, azilien puis laborien, sont bien calés stratigraphiquement. Les archéologues, venus pour trouver des traces d'une ancienne faïencerie, ont été surpris de découvrir des pièces datant de la préhistoire, qualifiées de "rares et surtout en quantité". 

Données nouvelles sur ces chasseurs collecteurs du paléolitique

L'Azilien est généralement associé au réchauffement climatique faisant suite à la dernière glaciation. Il se caractérise par une transformation de la faune et de la flore, faisant évoluer les comportements humains. Le niveau d’occupation découvert s’étend sur toute sur une épaisseur de 40 à 80 cm. Sur le terrain, des aménagements bien conservés ont été exhumés : quatre structures de combustion (foyers), des concentrations de galets chauffés, des restes osseux et un poste de taille du silex. Parallèlement, la faune est bien conservée, notamment des bois de cervidés. L'occupation azilienne laisse entrevoir l'implantation d'un site de chasse, l'outillage domestique découvert en témoigne.  La fouille du niveau laborien  révèle des structures de combustion ( traces de feux), des postes de taille de silex et une multitude d'informations nouvelles sur ces chasseurs collecteurs de la fin du Paléolithique supérieur. La fouille de l'ïlot a d'ores et déjà mis en évidence une zone d'activité  grâce à la découverte  de grandes lames de silex amassées aux abords de vestiges osseux de cheval. 

Ces informations sont d'autant plus importantes que "les cultures du l'azilien jusqu'au mésolithique ne sont pas bien renseignées dans la région", selon l'Inrap (institut national de recherches archéologiques préventives). Face à un tel état de conservation, l'îlot Renaudin à Angoulême pourrait devenir une référence pour d'autres sites qui manquent d'informations sur cette période de la préhistoire.

 

Claude-Hélène Yvard
Claude-Hélène Yvard

Crédit Photo : DRAC Nouvelle-Aquitaine

Publié sur aqui.fr le 08/11/2018