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09/12/18 : La Rochelle : selon l'association Info Trafic 17, le dépôt pétrolier de La Pallice est bloqué ce soir par près de 200 personnes.

09/12/18 : Charente-Maritime : Annick Baillou a été nommée inspectrice d’académie-directrice académique des services de l’éducation nationale (IA-DASEN) de la Charente-Maritime. Elle succède à Gilles Grosdemange qui a fait valoir ses droits à la retraite.

09/12/18 : Samedi vers 23 heures, Jacqueline Dubois, députée du Sarladais a découvert sa voiture en feu, ainsi que celle de son mari, garées dans la rue devant son domicile de Vézac. L'élue a reçu de nombreux soutiens de la classe politique de tous bords.

09/12/18 : la manifestation des gilets jaunes d'abord pacifique à Bordeaux a dégénéré au milieu de l'après-midi lorsqu'une centaine de casseurs, ont jeté des projectiles divers sur les forces de l'ordre. Scènes de guérilla urbaine et dégradations ont suivi

08/12/18 : Forte participation à Bordeaux pour la Marche pour le climat: de l'ordre de 6 à 7000 personnes

08/12/18 : La Rochelle sera présente au Nautic de Paris du 8 au 16 décembre, stand G2 Hall 1, sous la bannière La Rochelle Force Océan. Elle y présentera ses différents événements sportifs comme la Minit Transat, dont les inscriptions sont désormais ouvertes.

07/12/18 : Rochefort : Véritable institution rochefortaise, l'ancien cinéma Alhambra devenu un studio de post-production de films et de musique inauguré au printemps dernier, organise une porte ouverte avec visite de ses locaux ce samedi de 14h à 19h. Gratuit.

07/12/18 : La Rochelle fait sa Marche pour le climat samedi 8 décembre. Départ à 14h de la Tour de la Chaine, direction le Cours des Dames, Quai Duperré, puis Quais Maubec, Louis-Durand et Valin puis Place du Cdt de la Motte Rouge et le bassin des chalutiers.

07/12/18 : Le 8 décembre, à Bordeaux le tram sera interrompu à partir de 13h entre Stalingrad et Mériadeck (tram A), entre Saint-Nicolas et Quinconces (tram B), entre Gare Saint-Jean et Quinconces (tram C). Interruptions et déviations bus sont aussi à prévoir.

07/12/18 : 2 manifestations déclarées auront bien lieu à Bordeaux ce 8 décembre: la marche citoyenne pour le climat (COP 24) et le Noël des motards girondins. "Les organisateurs ont accepté d’en modifier les parcours et les horaires", indique la Préfecture.

07/12/18 : La Cité du Vin vient de recevoir 3 nouvelles récompenses de la part des professionnels de l'œnotourisme. Un International Best of Wine Tourism et 2 Iter Vitis awards "pour son action innovante et audacieuse en matière d'œnotourisme".

07/12/18 : Les manifestations "Pleins Feux sur l'Autriche" prévue le 8 décembre à la médiathèque de Limoges et organisée par la Maison de l'Europe Limousin sont reportées.

07/12/18 : Grève des Bâtonniers et avocats contre le projet de Loi Justice mercredi 12 déc à 11h sur les marches du Palais de Justice de Bordeaux. Ils se dirigeront ensuite vers la Préfecture afin d'être reçus par le Préfet de Région.

07/12/18 : Dans le cadre de la Marche pour le Climat, un rassemblement est organisé le samedi 8 décembre de 14h à 17h, place des laitiers à Agen.

07/12/18 : Séminaire européen sur la PAC organisé par Régions de France et Région NA le 13 décembre de 9h à 17h30 au Palais des Congrès de Bdx sur le thème : « PAC : les Régions, moteurs de la transformation des systèmes agricoles et alimentaires ».

07/12/18 : Lucile Capuron, directrice de recherce à l'Inra de Bordeaux, a reçu le Prix Marcel Dassault Fondation Fondamental pour ses travaux de recherche « Dépression résistante : et si nous traquions l'inflammation ? »

06/12/18 : En raison de l’actualité, les manifestations du Téléthon de la place de la Victoire à Bordeaux sont annulées. Le standard du 36 37 pour les promesses de dons sera toutefois ouvert et le don en ligne sur www.telethon.fr toujours en service.

06/12/18 : Béatrice Lagarde prendra ses fonctions de préfète de Lot-et-Garonne le 10 déc à minuit. Une cérémonie d’installation, ouverte au public, et en présence des autorités civiles et militaires, sera organisée le 10 déc à 11h, place Armand Fallières à Agen

06/12/18 : Soirée de lancement de Val de Garonne Attractive le 11 décembre à 18h30 à l'Espace 180 de Sainte-Bazeille. Un collectif pour rendre plus dynamique le territoire de l'ouest Lot-et-Garonne.

06/12/18 : 3èmes Journées de la laïcité et du vivre ensemble à Bordeaux sur « Laïcité et droits de l’Homme » jusqu’au 10 déc. Parmi les r-v : le 7 déc. rencontre Amitié Judéo-Musulmane organisée par le Centre Yavné et Fédération musulmane33 à 16h au CAPC.

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  • 09/12/18 | Premier rassemblement régional de la filière fruits et légumes à Saintes

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    La première prise de contact collective et officielle entre les acteurs de la filière fruits & légumes de Nouvelle-Aquitaine se tient les 11 et 12 décembre au lycée Georges-Desclaude à Saintes (17). Objectif : co-construire des actions collaboratives de demain pour développer la filière. Ils s'appuieront notamment sur des thématiques abordées par l’Enquête Propulso « Identification des besoins & des attentes des professionnels de la filière Fruits et Légumes de Nouvelle-Aquitaine » menée au printemps.

  • 09/12/18 | Gilets jaunes : des violences à Bordeaux

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    Ce samedi à Bordeaux, de violents affrontements se sont déroulés en marge de la manifestation des gilets jaunes dès la fin d'une marche (ayant rassemblé environ 5000 personnes) vers l'hôtel de ville, en milieu d'après-midi. Dans un communiqué tardif, la préfecture évoque des "dégradations de bien publics (notamment des feux de barricades), de vitrines commerciales (, de mobiliers urbains". Les services de police ont interpellé 44 personnes. 26 blessés sont à déplorer, dont un jeune manifestant ayant perdu sa main en voulant renvoyer une grenade lacrymogène.

  • 07/12/18 | «Signalement Voie Publique» le nouveau service de proximité de la Ville de Lormont

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    Déployé par la municipalité début novembre sous l’acronyme SVP, il vise à améliorer le signalement des dysfonctionnements ou anomalies au sein des espaces publics (propreté, stationnement abusif, éclairage défectueux). A bord d’un véhicule sérigraphié «Signalement Voie Publique» et du numéro de téléphone créé pour l’occasion (0633146911), deux agents circulent du lundi matin au samedi soir dans la commune. Ils doivent s’assurer et faire preuve de vigilance quant à la bonne tenue de la voirie, du mobilier urbain, de la chaussée ou des éclairages publics.

  • 07/12/18 | Noël se met au bio à Nérigean

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    Demain samedi 8 décembre, les Caves coopératives de Rauzan organisent à Nérigean un marché de Noël bio. Vins et produits locaux bio vous y attendent...ainsi que le Père Noël ! La cave de Nérigean accueillera dans une salle spécialement aménagée pour l’occasion, une dégustation d’une dizaine de vins bio. Dans cette ambiance festive vous pourrez évaluer vos talents d’œnologue et gagner divers prix. A 12h, un verre de l’amitié sera offert. Vous pourrez profiter d’un déjeuner confectionné avec des produits bio en réservant au 0557245064.

  • 06/12/18 | Gilets Jaunes: mesures préventives à Bordeaux

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    En raison des manifestations prévues samedi 8 décembre, les services de la Mairie de Bordeaux seront fermés ainsi que de nombreux établissements culturels: Bibliothèque Mériadeck, Conservatoire, CAPC, Musée d'Aquitaine, MADD, Musée des Beaux-Arts, Jardin Botanique, Halle des Chartrons, Espace St-Rémi, Marché de Lerme, Théâtre l'Inox et le Grand Théâtre où la manifestation Bordeaux en Livres est annulée. Par ailleurs, Place Pey Berland, les chalets du marché de Noël Solidaire ont été démontés. Le Marché de Noël des Allées de Tourny ne subit quant à lui pas de fermeture, sauf injonction de la Préfecture ou de la Police

Les dossiers d'Aqui

La LGV Sud-Ouest Idées neuves en Nouvelle Aquitaine Innov'action et Agriculture

Métropole | La Gironde dénonce une métropolisation imposée

04/10/2018 | Ce jeudi, le président du Conseil départemental Jean-Luc Gleyze a fait sa conférence de presse de rentrée, sur un ton particulièrement remonté contre le gouvernement.

Jean-Luc Gleyze

Le spectre d'une métropolisation à marche forcée a monopolisé l'essentiel du discours de rentrée du président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze (PS) ce jeudi. La rencontre, le 1er octobre dernier, entre Emmanuel Macron et cinq présidents de métropole dont Alain Juppé pour reparler du dossier de l'éventuelle fusion des départements et des métropoles a échaudé les esprits au niveau des départements, et la Gironde ne fait pas exception. Alors que les paroles fuitent de tous bords pour s'opposer, parfois au fond, parfois à la méthode, retour sur des craintes affichées et un spectre de "Gironde à deux vitesses" revenue hanter les discours.

Un consensus (?)

Les relations se tendent. Quelques jours après la rencontre, le 1er octobre, entre Emmanuel Macron et cinq présidents de métropoles (Christian Estrosi à Nice, Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Daniel Castelain à Lille, Johanna Rolland à Nantes et Alain Juppé à Bordeaux) pour reparler d'un dossier déjà évoqué lors de deux réunions précédentes (en novembre et en août) à savoir la fusion potentielles entre les métropoles et les départements, le ton monte du côté de ces derniers. Le projet de Macron reste le même : suivre l'exemple du Grand Lyon au sein duquel le rapprochement entre les deux collectivités a été décidé en 2014, et l'appliquer dans un "schéma-cible" pour lequel l'Elysée a assuré qu'un "consensus" s'était "dégagé". Le département deviendrait donc résiduel en dehors des murs de la métropole, le président des collectivités fusionnées serait élu au suffrage universel direct en même temps que le maire (mais pas avant 2026). Et l'Elysée de rassurer en affirmant que"le gouvernement n'engagera cette réforme qu'avec la volonté explicite des élus d'y aller". Le problème, c'est que le consensus est (très) loin d'être trouvé.

La présidente socialiste et maire de la ville de Nantes, Johanna Roland, a été la première a se désolidariser de la démarche, pour, dit-elle, "faire entendre la singularité nantaise". Côté bordelais, Alain Juppé (interviewé par Sud Ouest) a affirmé ne rien avoir contre l'idée mais n'avoir "rien demandé". Selon lui, la réforme pourrait "simplifier l'organisation territoriale et dynamiser encore plus les métropoles qui sont les locomotives du territoire". Il pose cependant des conditions à cette possible fusion, notamment le paiement par l'Etat du RSA et des prestations sociales (réunies sous la bannière des Allocations Individuelles de Solidarité ou AIS) et la préservation de la liberté des communes composant la métropole "par une série de mesures". Pour le maire de Bordeaux, pas de raison de faire planer un risque d'appauvrissement des départements, et ce même si ces derniers perdaient leurs droits de mutation (taxes portant notamment sur la vente de biens immobiliers). "La réforme prévoit que la capacité de financement des Départements restera la même qu’avant grâce à un mécanisme de compensation", a même assuré Alain Juppé.

Le modèle Girondin

Ce matin, c'était au tour du président socialiste du département de la Gironde de s'exprimer à ce sujet lors de sa conférence de presse de rentrée. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que son avis ne rejoint pas celui du président de Bordeaux Métropole. Jean-Luc Gleyze, accompagné de Georges Méric (Haute-Garonne), Charles-Ange Ginesy (Alpes-Maritimes), Philippe Grosvalet (Loire-Atlantique) et Jean-René Lecerf (Nord) avaient signé le 10 septembre une lettre commune au Président de la République, à laquelle aucune réponse n'a été donnée à ce jour. Ce lundi, l'élu PS a été plus loin encore. "C'est assez étonnant que l'on prétende aujourd'hui développer ce modèle lyonnais surtout avec la méthode retenue. C'est quand même le modèle d'un consentement entre deux collectivités. Aujourd'hui, nous avons une imposition descendante du gouvernement qui négocie avec des présidents de métropoles mais qui évite soigneusement de convoquer les présidents des départements. Je ne veux pas être gaulois réfractaire, mais j'ai tendance à être girondin farouche", a formulé Jean-Luc Gleyze, jugeant "inadmissible que la négociation s'opère avec une partie des intéressés et pas avec l'autre".

Mais les inquiétudes départementales vont plus loin qu'un simple "lui et pas moi". Le temps relativement court dans lequel cette fusion pourrait être mis en place (2020 ?) inquiète la majorité départementale, pour qui le modèle lyonnais, ayant "mis plusieurs années avant d'aboutir", est tout sauf comparable avec le girondin. "Ca veut dire qu'on envisage de bouleverser l'organisation territoriale du pays, engager l'avenir des territoires périurbains et ruraux, remettre en question les services publics qu'assurent les départements à près de huit millions d'habitants et tout cela en neuf mois. Le Premier Ministre s'était engagé, lors de la précédente Conférence Nationale des Territoires à ce qu'aucune réforme territoriale ne se fasse sans y associer les territoires concernés. C'est donc une remise en cause de ses propos pour considérer aujourd'hui qu'ils ne valent plus". La grande question est donc : pourquoi, selon la majorité départementale, ces deux modèles sont incompatibles et que le premier n'est pas transposable au second ? "La métropole lyonnaise représente les trois quarts des rhodaniens alors qu'en Gironde, la métropole représente 49% de la population pour 51% situés à l'extérieur de la métropole. Contrairement au Rhône, Lyon occupait une partie sud assez homogène dans le département. Ici, nous avons une métropole qui est au centre", souligne Jean-Luc Gleyze. Son vice-président adjoint aux finances, Jean-Marie Darmian, développe encore. "Le modèle lyonnais avait des difficultés. Le département du Rhône était en situation très délicate sur le plan financier puisqu'il avait fait des emprunts toxiques. En absorbant le département, on l'a sauvé de la faillite puisque les emprunts étaient de l'ordre de 880 millions d'euros, dont plus de 60% étaient toxiques. La situation de la Gironde est saine sur le plan financier, on n'a pas de difficultés et on peut faire face à toutes les dépenses sur la métropole sans problème". 

Le noeud fiscal

Le socialiste girondin n'est pas le seul à être vent debout contre cette idée de fusion. Pour l'Assemblée des Départements de France présidée par Dominique Bussereau, "les services publics assurés par les départements et les métropoles ne sont pas de même nature" : au département de se charger du rôle social, à la métropole celui de l'innovation. Bien qu'un peu manichéen, l'avis de l'ADF souligne surtout deux oppositions : l'une réelle entre les métropoles et les territoires ruraux, l'autre artificielle entre deux collectivités qui, pour les signataires de la lettre adressée à Emmanuel Macron, ne ferait qu'accentuer les inégalités territoriales. C'est là que le spectre, très politicien, de la "Gironde à deux vitesses", ressurgit.


"La métropolisation accentuerait les fractures territoriales et donc sociales. La métropole est le coeur battant de la Gironde, elle a un dynamisme démographique et économique très important. Mais l'intérêt dans cette affaire, c'est bien de redistribuer vers ceux qui ont moins de chance de ce côté là", continue Jean-Luc Gleyze. "Financièrement, il y a aussi une réforme fiscale qui s'annonce. Le sujet, c'est aussi de priver les départements de ses ressources dynamiques : les droits de mutation  dont une partie serait captée sur la métropole; le foncier bâti qui pourrait être attribué aux communes; la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises)... tout cela pour compenser par une taxe nationale qui nous serait reversée et qui nous placerait pleinement sous perfusion de l'Etat à l'encontre même du principe de libre souveraineté des collectivités locales; ça veut dire que la seule variable d'ajustement serait la réduction des investissements". 

C'est là que le sujet devient un peu sensible. Au moment d'aborder l'aspect financier de cette potentielle future loi (rendant, de fait, la métropolisation des départements obligatoire, au moins pour ces cinq là), on se perd un peu en conjecture, notamment quand on parle du mode de calcul de cette fameuse "taxe nationale". Jean-Marie Darmian explique : "on prend le budget de l'année N-2 duquel on extrait toutes les dépenses effectuées par le département, tant en fonctionnement qu'en investissement, ainsi que les emprunts sur la période précédente sur une durée de cinq ans. On fait une moyenne et ces moyens là seraient transférés à la métropole. Par exemple, pour le RSA, on tient compte du nombre de gens sur la métropole et des dépenses que cela augure et on donne à la métropole les ressources qui y correspondent. Restera à la Gironde un budget sur le reste du département. Il faudra ensuite effectuer la répartition des recettes.  La métropole pourrait conserver, comme c'est le cas dans le Rhône, la totalité des recettes et rétrocéder au département une part discutée annuellement avec une compensation qui est, dans le Rhône, de 75 millions, rendant ainsi le département autonome sur ce budget. Le problème chez nous, c'est qu'il y a une absurdité : la métropole représente 49% des habitants mais 60% des dépenses de l'action sociale. Pour l'instant, on compense avec la rentrée globale des droits de mutation permettant d'équilibrer l'augmentation des AIS. Si la métropole garde tous les droits de mutation pour compenser les AIS, il manquera au reste du département cent millions d'euros. Il faudra une discussion totalement surréaliste parce qu'on appliquera un quota de prix par habitant. C'est très concret : si je prends l'Apa (Allocation personnalisée d'autonomie), les frais de déplacement sont pris en compte dans le département mais pas en métropole. Pour le Rhône, il a fallu vingt cabinets spécialisés pour arriver à déterminer le partage des finances. On aura vraiment une Gironde à deux vitesses avec des recettes importantes qui seront nécessaires pour compenser des dépenses elles aussi importantes, et pour le reste on devra se débrouiller".

Le fond et la forme

Car c'est bien ce voile de l'inégalité territoriale qu'agitent les présidents des départements. "Ce serait, de fait, la fin de la péréquation et de la solidarité entre le département et la métropole, pour qui la pertinence du projet va aussi se poser. La question du reste à charge des Allocations Individuelles de Solidarité n'est toujours pas traitée. Alain Juppé l'a bien compris puisqu'il le pose en principe de cette métropolisation. En 2017, l'Etat ne compense pas 248,9 millions d'euros au titre des AIS, soit 160 euros par habitant. Bien évidemment, cette compensation devrait s'assurer sur des crédits métropolitains, voilà pourquoi il voudrait que ce soit réglé au niveau national". Les élus craignent aussi des doublons sur des services comme le SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours), les maisons pour personnes handicapées ou encore les CEDEF (Centre Départemental de L'Enfance et de la Famille), qui ne plaide forcément pas en faveur d'une politique plus économique, dans un contexte de baisse des dotations nationales aux collectivités territoriales. "Plus grave : ca peut entraîner un traitement différencié des girondins entre ceux qui sont sur la métropole et ceux qui sont à l'extérieur. Nous réalisons cette péréquation. Considérer que la métropole est hors sol par rapport au reste du département n'a pas de sens. Les modes de vie y sont pleinement poreux avec le reste du territoire. La question de la continuité des services ou de la vie associative au regard des modes de vie va se poser. Nous allons vers une complexification pour les usagers, un questionnement sur l'efficacité des services publics et une hausse de son coût. Ce qui est bon, c'est le modèle alternatif : celui de ne pas opposer la métropole au reste du territoire. Nous avons essayé de traiter des accords entre les deux collectivités via la loi NOTRe. Ca s'est plutôt bien passé et Alain Juppé était plutôt pour puisqu'il n'a pas été maximaliste dans les transferts de compétences en nous laissant le volet social. Nous avons signé une convention territoriale d'exercice concerté, elle est mise en place et permet de définir la répartition des rôles et ça fonctionne plutôt bien. Pourquoi vouloir séparer alors que nous pouvons compléter ?", questionne enfin Jean-Luc Gleyze.

Dernier point de friction, et non des moindres : qui dit fusion dit recentralisation. Au niveau national, Francois Baroin (LR), président de l'AMF (Association des Maires de France) a annoncé vouloir "relancer la décentralisation" : l'AMF devrait lancer un appel le 26 septembre à Marseille. Pour Jean-Luc Gleyze, "il faut faire attention à ce que l'on puisse articuler le local et le global. Ce qui intéresse nos concitoyens, c'est l'action de proximité. Plus on grossit, plus on globalise et plus on éloigne. Je ne compte pas lâcher le morceau". Il a annoncé un appel à manifester, moins contre la métropolisation que pour la décentralisation, le 13 octobre prochain à 11h dans le hall de l'immeuble Gironde à Bordeaux, avec quelques soutiens à l'appui : le président de la région Nouvelle Aquitaine Alain Rousset (sans grande surprise puisque ce dernier avait été signataire d'une tribune commune publiée dans Le Monde en avril qui appellait Emmanuel Macron à "plus de décentralisation"), Daniel Barde (association des maires ruraux de Gironde), Dominique Bussereau (assemblée des départements de France) et plusieurs présidents de départements voisins. Du côté de la métropole, le président du groupe socialiste Alain Anziani (qui a réagi sur les réseaux sociaux) devrait se joindre au banc. A droite, le président du Sénat Gérard Larcher pourrait s'y associer et celui du groupe Gironde Avenir, Jacques Breillat, est déjà enrôlé. Ce dernier est d'ailleurs davantage opposé à la méthode qu'à l'éventualité d'une fusion : "on n'est pas dans une logique de soutien à des démarches qui sont imposées par le haut. On défend les départements dans les relations tumultueuses avec l'Etat. Ca fait un moment que tout le monde joue avec le feu. Jean-Luc Gleyze a soutenu la loi Maptam en 2014, qui affirmait l'ambition de développer les métropoles et prévoyait les transferts de compétences, la loi NOTRe qui les organise, le discours de Valls qui prévoyait la disparition des départements. Cette réforme n'est pas le projet d'Alain Juppé, la métropole n'a pas encore digéré sa propre mutualisation. On peut aussi agiter des chiffons comme la Gironde à deux vitesses pour faire peur à tout le monde, mais c'est surtout la méthode qui est problématique. Si c'est une logique d'action publique et de lisibilité, c'est vrai que parfois le fait qu'il y ait plusieurs échelons peut complexifier la compréhension des citoyens, notamment dans la façon dont on gère les politiques publiques localement. La fusion pourrait donc être un changement de modèle à discuter, mais à condition qu'on ne nous impose pas un modèle plaqué".

L'opposition régionale est elle aussi contre l'idée d'une métropolisation, comme en témoigne Yves d'Amécourt, élu régional maire de Sauveterre de Guyenne et ancien candidat à la tête de la fédération girondine des Républicains. Pour lui, "Bordeaux et la Gironde sont indissociables et je ne vois pas un département qui ferait le tour de Bordeaux avec une métropole départementalisée, ça pose beaucoup de risques. Alain Juppé dit que la métropole est la locomotive de la région mais aujourd'hui, elle roule toute seule et elle n'a pas accroché les wagons. Certains disent que la métropole est le coeur économique de la région mais ce dernier n'a ni artère ni veines : il y a une thrombose permanente. Si on lui donne les compétences du département alors qu'elle vit aujourd'hui à-côté, on va simplement appauvrir un peu plus le département. Découper en deux le territoire, c'est risquer des liens encore moins nombreux. Il y a urgence à investir dans des infrastructures, dans les transports en communs mais rien ne se fait. Personnellement, il me faut 1h45 pour atteindre le centre-ville de Bordeaux. Peut-être que dans quinze ou vingt ans ce schéma sera possible mais aujourd'hui il ne l'est pas". Il y préfèrerait visiblement une potentielle fusion "des départements et des régions, mais pas à la région Nouvelle Aquitaine de six millions d'habitants, plutôt à l'échelle départementale que régionale. C'était le projet de Michel Debré après-guerre, il avait imaginé entre trente et quarante départements de la taille de la Gironde, je trouve que ce serait très opérationnel, efficace, avec un nombre d'élus réduit qui pourraient débattre". Mais à en croire Jean-Luc Gleyze, cette mobilisation du 13 octobre, qui suivrait donc le modèle de l'appel marseillais, ne serait pas uniquement "un problème d'élus entre eux. Cela concerne aussi les citoyens qui bénéficient des services de proximité, et les quelques 2000 associations que nous subventionnons pour ne citer qu'elles". Il ne reste plus qu'à voir si cet appel sera entendu.

Romain Béteille
Par Romain Béteille

Crédit Photo : RB

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