Soutenez aqui.fr face au défi de la Nouvelle Aquitaine

16/07/19 : L'allemande Ursula Von der Leyen a été élue ce 16 juillet présidente de la Commission européenne à une courte majorité - 383 voix sur 747 membres - par le parlement de Strasbourg après un discours où elle avait annoncé un « green deal » pour l'Union.

16/07/19 : Le maire de Cenon sur la rive droite de Bordeaux qui s'oppose à l'occupation illégale du parc du Loret par quelques 200 caravanes "évangélistes" de passage s'est vu notifier l'obligation préfectorale d'accepter leur présence jusqu'au 24 juillet.

16/07/19 : Elections municipales 2020: ce sera les 15 et 22 mars a fait savoir le ministère de l'intérieur ce 16 juillet avec comme date limite de dépôt des candidatures le 27 février.

16/07/19 : "Il s'agit d'une décision personnelle": Emmanuel Macron après la démission de François de Rugy du ministère de la transition écologique. L'obligation, après celle de Nicolas Hulot, de trouver un-une remplaçant(e) dans ce poste éminemment stratégique

14/07/19 : Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental des Pyrénées Atlantiques et Colette Capdevielle, avocate, ancienne députée du Pays basque font partie des personnes auxquelles la Légion d'honneur a été attribuée ce 14 juillet.

13/07/19 : Charente-Maritime : le préfet a pris un arrêté interdisant les feux d'artifices et autres pétards sur la voie publique; dans les lieux de grands rassemblements ; les immeubles, et ce quelqu'en soit la catégorie, du 13 juillet 18h au 15 juillet 8h.

13/07/19 : Haute-Vienne : les travaux de modernisation de la ligne SCNF POLT vont démarrer le 22 juillet entre Limoges et Fromental. Un projet à 51 millions d'euros.

13/07/19 : Vienne : c'est la fin des travaux sur la ligne Paris-Bordeaux, entre Saint-Benoît et Vivonne, annonce la SNCF dans un communiqué du 12 juillet. 13 km de voies ont été restaurées pour 20 millions d'euros financés par SNCF Réseau.

12/07/19 : Le festival La Rochelle Cinema qui s'est tenu du 2 juin au 7 juillet a connu un vif succès, avec 86 492 entrées, soit la 2e meilleure année en termes de fréquentation dans l’histoire du festival. Rendez-vous l'année prochaine du 26 juin au 5 juillet.

12/07/19 : Du 14 au 26 juillet, la gare de Vayres sera fermée en raison de travaux, les arrêts de trains seront également supprimés. Les travaux de sécurisation de l'accès aux quais, ainsi que d'élargissement de la voie, seront effectuées de nuit.

12/07/19 : Le 15/07, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, tiendra une permanence à la Mairie de Mazères-Lezon à partir de 14h15. Elle y recevra, sans rdv et par ordre d’arrivée, tous les citoyens qui le souhaitent (particulier, élus, pros)

12/07/19 : JO 2024. Le président de Bordeaux-Métropole, Patrick Bobet, vient d'annoncer la candidature commune Lacanau-Bordeaux Métropole pour l’organisation des épreuves de surf aux JO de Paris 2024.

11/07/19 : Le réalisateur, scénariste et écrivain Alejandro Jodorowsky sera l'invité d'honneur du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux 2019 qui organise sa 8ème édition du 15 au 21 octobre 2019

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  • 16/07/19 | La Dordogne en vigilance sécheresse

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    Le préfet de la Dordogne a placé en situation de vigilance sécheresse l’ensemble du département. L’épisode caniculaire de de juin a entraîné une baisse rapide des débits des cours d’eau et du niveau des nappes phréatiques. Les prévisions météorologiques s’orientent vers une poursuite de ce temps chaud et sec, dans un contexte d’augmentation des prélèvements agricoles et d’eau potable. Il est donc demandé à chaque usager de limiter au strict nécessaire la consommation d’eau.

  • 16/07/19 | Les Deux-Sèvres au chevet du Marais Poitevin

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    Le syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais poitevin va bénéficier d'une subvention de 35 000 € du Département, pour son plan d'actions Paysage Grand Site de France. Elle permettra de poursuivre le Plan d'aménagement et de restauration des marais mouillés. Il permet de réhabiliter en prairies naturelles des surfaces cultivées, boisées ou en déprise et à remettre de l'élevage. Et de soutenir les projets de plantations de particuliers ou des collectivités pour une diversité arboricole.

  • 16/07/19 | Sécheresse estivale en Creuse : Guéret se mobilise

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    Le département de la Creuse connaît actuellement une sécheresse exceptionnelle et inédite. Alors que les mesures de restriction sont à leur niveau maximum, le maire de Guéret a appelé ses administrés la semaine dernière à économiser l’eau au maximum. Les premiers résultats sont visibles, le maire s’en félicite et encourage les habitants à poursuivre leurs efforts.

  • 16/07/19 | Bordeaux accueille le 15ème Congrès des Régions

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    C'est en Nouvelle-Aquitaine, au Parc des expositions de Bordeaux que se tiendra le 15e Congrès des Régions de France, les 30 septembre et 1er octobre 2019. Sous l'intitulé « Ma Région agit pour moi », le congrès aura à cœur de défendre la place et le rôle de l’échelon régional dans le cadre du nouvel acte de décentralisation annoncé par le Président de la République ». Le programme se déclinera sous la thématique de la proximité entre témoignages de citoyens, de chefs d’entreprises et d’élus de terrain afin de démontrer que les Régions « agissent, innovent, transforment au quotidien leur territoire ».

  • 16/07/19 | La Maison Hennessy lance ses nouvelles activités oenotouristiques.

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    Leader du Cognac, la Maison Hennessy rayonne à travers le monde depuis plus de 250 ans avec un savoir-faire d'exception. Depuis avril 2019, au cœur de la Charente, la firme propose différentes activités oenotouristiques: un parcours immersif et dégustatif, vous plonge au sein des lieux méconnus de la célèbre Maison. Puis, Hennessy propose une expérience autour de l’art de la mixologie dans un atelier éphémère. Une expérience inédite pour apprendre la réalisation de deux cocktails au cognac. Plus d'infos sur ces visites.hennessy.com

Les dossiers d'Aqui

La LGV Sud-Ouest Idées neuves en Nouvelle Aquitaine Innov'action et Agriculture

Métropole | Portrait - Marie Kerouedan, l'écolo du crackers

20/08/2018 | Marie Kerouedan a été lobbyiste agricole, serveuse, anthropologiste-essayiste et enfin fabricante de crackers. Et puis comme l'idée avait l'air bonne, depuis, elle s'accroche.

Marie Kerouedan, fondatrice d'Intelligence Culinaire

Ils ont un très fort goût de céréales, une petite odeur de châtaigne, une forme carrée et très fine, une couleur brunâtre et un aspect "recycling" très à la mode. Ils sont 100% bio, 100% végétal et fabriqués à partir de résidus de céréales ayant servi à faire de la bière artisanale. Ils sont fabriqués à la main dans un petit atelier parisien, mais c'est en Nouvelle-Aquitaine qu'on leur cherche de futurs frères et soeurs. Ces crackers là (baptisés Résurrection) sont singuliers, mais pas autant que l'histoire de Marie, l'une des femmes qui se cache derrière leur fabrication. Où comment faire naître un militantisme écologique dans un bol de biscuits apéritif.

Entre boulot et conscience

Il existe mille et une façons de devenir militant. Des idées issues d'un héritage familial, un déclic face à un drame personnel, ou simplement une envie, à son niveau, de changer les choses. Pourtant, lier un paquet de crackers à l'engagement écologique de leur créatrice ne semble pas, au premier abord, l'exercice le plus facile à faire. C'est qu'avant d'arriver dans leur paquet, ces recettes très particulières confectionnées à partir de drêches de brasserie (des résidus de céréales obtenues lors de la fabricaton de la bière), façonnées dans un marketing simple comme une "recette des faims heureuses" ont bien dû arriver à maturité. Marie Kerouedan, bordelaise d'origine bretonne, mère de deux enfants, est plutôt stricte lorsqu'il s'agit de l'écologie : chez elle, vous ne trouverez que très peu de plastique, vous la croiserez plus souvent en vélo qu'en voiture, et pour aller dans une épicerie bio plutôt que dans le Carrefour (même bio) du coin. "Le militantisme, ça se construit sur du long terme, c'est un cheminement personnel. Il y a encore plein de choses à améliorer dans ma vie pour aller vers plus d'engagement écologique", avoue-t-elle. Sa petite société de crackers, elle l'a montée en janvier 2016, certainement parce qu'elle a jugé l'idée prometteuse. Mais avant de se lancer dans cet artisanat très particulier, elle a un peu vadrouillé, jouant parfois le rôle de quelqu'un d'autre dans des mises en scène plutôt surprenante.


Le lobbying pour la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs après son master en Sciences Politiques, elle a connu. Et elle en est revenue : "j'ai rapidement démissionné parce que c'était intenable en termes de position. C'est par ce prisme que j'ai découvert le monde agricole et je me suis dit que quelque chose n'allait pas. C'était quand même très orienté pro-pesticide, pro OGM. Intuitivement, ça ne collait pas". Elle a aussi eu sa phase "voyage" : l'Amérique latine où, en free lance, elle fait plusieurs reportages et commence à écrire et à donner des lettres de noblesse toujours plus affirmées à son militantisme écologique. En découvrant les ravages de la culture du soja, la déforestation, le business de l'huile de palme, elle se construit une opinion très personelle de l'assiette mondialisée. Vous avouerez que pour une ancienne étudiante en école de commerce, ça détonne. Quelques posts de blog plus tard (des récits de voyage et des recettes, puis des articles plus engagés sur des "systèmes alimentaires plus durables"), cette fan de cuisine se découvre une vocation sur le tard en rédigeant un premier essai sur les concepts alimentaires contemporains : ses pages sont remplies de bio, de local et de commerce équitable, entre "plaisir et conscience alimentaire".

Touche personnelle
Le chapitre suivant est plus naturellement logique que les débuts. Marie monte un bureau d'étude en conseil, formation, gestion et montage de projets dans la filière durable dans une coopérative d'activité et d'emploi. Elle y recontre celle qui deviendra plus tard son associée du crackers, alors conseillère en communication culinaire. Ensemble, elles tâtonnent un peu avant de trouver leur pré carré. "Avant Résurrection, on a commencé à travailler sur différents sujets ensemble : on a répondu à des appels d'offre, on a monté une marque sur des ateliers d'intelligence culinaire zéro déchets. Quand on a découvert les drêches à l'occasion d'un stage en brassage, on s'est dit qu'il fallait qu'on en fasse quelque chose". Sans doute est-ce venu d'une impression d'avoir entre les mains un produit censé servir à l'alimentation animale où à la méthanisation, pas à être mis dans un petit bol et servi à l'apéritif. Mais avant de fourrer un peu plus notre nez dans ce petit paquet en papier cartonné, il faut préciser une dernière chose : entre temps, Marie est devenue une diplômée en anthropologie, spécialisée en alimentation. Dans un second bouquin écrit en 2012 ("Magrets and Co - quelques réalités alimentaires contemporaines du Sud Ouest"), elle a "essayé de comprendre, par le prismes de recettes très classiques, limite stéréotypées comme le magret de canard, la morue ou les pruneaux à l'armagnac, ce qui s'exprimait derrière en termes de discours, de représentation et de construction sociale". Surprenant de voir de l'anthropologie dans un morceau de viande, encore plus pour une végétarienne, non ? Attendez la suite.


"Je n'ai pas de culture militante, mes parents n'étaient pas du tout tournés vers le bio mais j'ai converti une partie de ma famille. C'est venu au gré des apprentissages et de la découverte", confirme donc Marie, qui nous dévoile par ailleurs que c'est en fabriquant sa propre bière qu'elle en a appris un peu plus sur ces fameux résidus de fabrication dans lesquels elle a senti à la fois  des odeurs de "tartine grillée, de caramel et de torréfaction. Je suis repartie avec un sac de déchets sur l'épaule. J'ai fait des tests en cuisine le soir même. (...) Ce n'est pas intéressant juste parce que c'est un déchet, c'est un bon produit, c'est ce qu'on a découvert quand on a commencé à le travailler". Les drêches, c'est le petit secret de ces crackers au goût très prononcé de céréales. Pour 1000 litres de bière fabriquée, on obtient 300 kilos de malt avec lesquels la jeune SAS Intelligence Culinaire, pour l'instant installée au sein de la pépinière de Darwin, à Bordeaux, produit 400 kilos de crackers. "En sachant que Les Brasseurs de la Lune produisent environ une tonne de drêches par semaine, il y a du potentiel". La singularité du produit final (il y a bien une société californienne qui incorpore des drêches dans ses barres de céréales, mais à des doses bien moins importantes) n'a d'égal que l'engagement de ses méthodes de fabrication : "de l'artisanat à grande échelle".

Ma petite entreprise
Quand un industriel du crackers produit quatre à cinq cent kilos de biscuit par heure, la petite ligne de production "faite main" et certifiée sans machines de Noisy Le Sec (pour des biscuits apéro, ça ne s'invente pas...) en conçoit entre cinquante et cent kilos par jour. Mais le fait de les vendre dans des épiceries fines, des magasins bio, des cavistes ou des brasseries comme un biscuit haut-de-gamme n'est pas uniquement dû à cette capacité de production réduite (en cours d'augmentation puisque la jeune société veut en produire une tonne par mois d'ici la fin de l'année, contre une demi-tonne actuellement) : les ingrédients justifient une bonne part du prix final (entre 5 euros 40 et six euros le paquet de cent grammes). "On est très exigeantes sur le sourcing de matières premières, d'autant qu'on est le premier produit agro-alientaire fabriqué à partir de déchets certifiés bio. On essaie d'aller chercher les matières premières le plus près possible : notre graine de courge est européenne et pas chinoise, notre farine de chataîgne est fabriquée en France. Notre huile d'olive est espagnole, pas tunisienne. On met le prix en termes de matières premières pour avoir le meilleur produit possible. On essaie d'être jusqu'au-boutiste, c'est principalement ce qui nous positionne sur du haut-de-gamme".


Résurrection a bien essayé la sous-traitance, mais s'y est un peu cassée les dents. Le processus de fabrication est totalement internalisé, et bientôt, il deviendra local. En effet, dans le courant de l'année 2019, Intelligence Culinaire va ouvrir un nouveau site de production en Nouvelle-Aquitaine, à une date et dans un lieu encore inconnus. Elle va y développer une nouvelle gamme de recettes, dont une sans gluten, notamment à partir de drêches mais aussi d'autres produits transformés pour leur trouver une "seconde vie". Le fabricant local de crackers bio et sains est aujourd'hui identifié : soutenu par la Région, l'ADI, la BPI mais aussi des donateurs privés (en juillet 2017, la société de Marie Kerouedan et Nathalie Golliet a récolté un peu plus de 19 000 euros via une campagne de financement participatif sur Ulule), Intelligence Culinaire s'apprête, dans les mois qui viennent, à organiser une levée de fonds pour accompagner son développement. Et, peut-être, renforcer leur présence sur les étals ? Car si l'on trouve leurs produits dans une soixantaine de boutiques en France (dans les lieux déjà cités mais aussi des endroits plus insolites comme l'Abbaye de Saint-Vendry en Seine Maritime où hors de France comme à Lisbonne, à la Réunion où en Angleterre), il faut encore les chercher pour les connaître, et inversement. Là aussi, c'est un choix délibéré. "On a refusé plusieurs grandes chaînes de grande distribution. On va chercher de beaux ingrédients, ce n'est pas pour être référencé dans un linéaire de Carrefour ou de Monoprix. Aujourd'hui, ça n'aurait pas de sens pour nous".

Quant à leur processus de fabrication, "Il restera artisanal, mais à quel niveau, on ne sait pas encore. Il y a des tâches qui sont pénibles à certains moments : c'est répétitif, il y a un process très rigoureux. Quand on aura les moyens d'automatiser une partie pour réduire la pénibilité du travail, augmenter les rendements et baisser les coûts de production, on n'aura pas d'états d'âme à le faire". En attendant, Marie est toujours végétarienne, milite pour le zéro déchets, a le souhait de développer sa nouvelle activité et circule le plus possible à vélo, on l'a dit. Elle semble pourtant croire très fort en son projet et ne regrette, à coup sûr, pas une seconde d'avoir posé sa petite casquette de lobbyiste agricole dans un carton au fond du grenier. Elle est en tout cas, de notre point de vue, la preuve par A+B qu'un engagement militant, ça se construit parfois avec pas grand-chose et qu'il y a mille et une façons de le faire fructifier. Bref, son truc à elle, c'est les crackers. Et le vôtre ?

Romain Béteille
Par Romain Béteille

Crédit Photo : RB

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